OVERTHETOP

Info

Titre :
OVERTHETOP
Cycle :
Conti Sparsi [5]
Genre :
Duo
Date de création :
2015
Durée :
45'
CONCEPT
Mauro Paccagnella
CREE et INTERPRETE par
Ina Geerts & Ayelen Parolin
MUSIQUE ORIGINALE LIVE
Ina Geerts
MUSIQUE
Sonic Youth
VIDEO
Stéphane Broc
LUMIERES & REGIE
Simon Stenmans
COSTUMES
Fabienne Damiean
PRODUCTION
Wooshing Machine
COPRODUCTION
Charleroi/Danses, Les Brigittines, Bruxelles
AVEC LE SOUTIEN DE
Ministère de la Fédération Wallonie Bruxelles (Service de la Danse), SACD, WBI, WBTD
L'artifice et la vie se percutent dans "Overthetop", en temps réel. Ça grince, ça résonne, ça fusionne dans
un cabaret foutraque et facétieux où se tapit une étrange gravité.

Marie Baudet - La Libre Belgique


Tout se passe dans l'isolement d'une résidence artistique dans le grand Nord. Un espace abstrait, aussi irréel qu'une cabane cernée par du rien... ou par des ours.
Deux artistes sont là pour créer. C'est la raison de leur présence dans cet espace clos, la raison de leur cohabitation, la raison de leur jeu, leur raison d'être. Deux femmes sur un plateau s'appliquent à faire l'artiste, elles se glissent dans des postures qui leur appartiennent autant qu'elles appartiennent à une mémoire collective, celle des divas et des rocks stars, des idoles et des icônes, de ceux et celles qui se sont extraits du commun, du banal, du contingent, du dérisoire. OVERTHETOP. Mais ces femmes parlent à travers des figures, se glissant dans des mots empruntés à d'autres : Marina Abramovic, Patti Smith, Annie Lennox, Bruce Springsteen, Sinead O'Connor, Amy Winhouse, Nick Cave, Anouk, Meryl Streep...

Dans l'isolement qu'impose la situation de résidence, cette vie « off » sans public ni spectateur, les deux femmes parlent sans converser, faisant grincer leurs rôles, celui d'artiste et celui de femme, celui de femme et celui de mère, celui de mère et celui d'actrice. Elles ne se regardent pas, elles s'enregistrent. Elles ne communiquent pas, elles se confrontent. Nous ne savons rien de leur histoire et pourtant, derrière cette succession d'artifices, se croisent des réflexions sur l'art, la vie, la féminité, qui engagent des corps et des personnes, ici et maintenant, dans l'artificialité de l'espace scénique et la vérité de son expérience.

Eric Valette
THERE'S A CRACK IN EVERYTHING THAT'S HOW THE LIGHT GETS IN. Leonard Cohen

Dans la cinquième "chambre" de son cycle Conti Sparsi, Mauro Paccagnella réunit Ayelen Parolin (danseuse et chorégraphe) et Ina Geerts (comédienne et chanteuse), fortes personnalités habituées de son travail, avec la volonté de "donner voix à un univers féminin ferme, perçant et transgressif à la fois".
Inspiré des icônes rock, et conscient de ses failles par où pénètre la lumière, l'univers que le chorégraphe imagine, en noir et blanc, est habité par un duo, avec son cortège de paires et leur angle de frottement : Deux temps – en corrélation. Deux genres artistiques – en ricochet. Deux formes – en contraposition...
En écho à son titre, OVERTHETOP examinera le dépassement, contournera les logiques, soupèsera les erreurs, osera la poésie.

OVERTHETOP se dessine dans un espace de jeu en noir et blanc, une zone franche épurée et hors-temps qui mesure les frottements entre une parole musclée et un temps en décélération, au féminin.

OVERTHETOP s'impose en contiguïté avec deux femmes aux polarités alternées dont l'imminence des phases définit un état complémentaire : rigoureux et esthétisé dans la forme, cru et transgressif dans l'urgence et dans l'obsession de justesse.

OVERTHETOP se situe dans les crissements d'un univers femminin sans concessions et dans l'urgence de risquer un geste fort, un cri ultime, pour que la voix ne soit pas absorbée par le vide, la dégradation ou la menace d'une quelconque disparition.

IT TAKES TWO TO TANGO

OVERTHETOP est un duo créé et interprété par deux femmes avec qui j'ai déjà travaillé, Ina et Ayelen, et qui ont toujours fait preuve d'un engagement artistique hors norme et sans concession.

Le choix de collaborer avec elles nait d'un besoin de donner voix à un univers féminin ferme, perçant et transgressif à la fois.
Ina et Ayelen sont des artistes dramatiques engagées qui ont démontré sur les plateaux de danse, de théâtre, de cinéma et dans les salles de concert une capacité à communiquer avec vigueur et talent et de provoquer des questionnements audacieux sur la femme et la société.

Notre rencontre sur le plateau de The Golden Gala en 2010 a d'emblée mis en évidence la complémentarité de leur jeu et la détermination qu'elles pouvaient dégager ensemble sur la scène.

Ina, flamande bruxelloise de 48 ans, est une actrice de théâtre et de cinéma de renommée internationale. Elle est aussi chanteuse et pianiste pour son groupe INA ; ses chansons rappellent l'engagement libertaire des ballades de Patti Smith, l'intensité transgressive de Nico et la légèreté belgo belge de Dani Klein (Vaya con Dios).
Ses rôles privilégiés sur scène sont ceux d'une femme intense, intrépide, déterminée.
Elle a été interprète des productions de Wooshing Machine depuis 2007 (Bayreuth FM et The Golden Gala) et assistante à la mise en scène de Ziggy, the Dragon, the bold Nurse & the Swan Song.

Ayelen n'est pas une bonne chanteuse et elle ne sait pas jouer d'instruments ; elle est impulsive, impétueuse, sensuelle, provocatrice, rebelle, parfois aussi vilaine. C'est une superbe danseuse argentine de 38 ans, pas trop technique mais très téméraire et imprévisible. L'on pourrait dire qu'elle est le côté obscur d'Ina. Elle a toujours fait preuve d'une puissance naturelle sur scène : c'est un enfant prodige qui n'hésite pas à mettre son corps en péril pour perturber nos visions et nos perceptions et pour questionner notre vision du monde au féminin. Elle nous fait penser à Patti Smith dans la période rebelle juvénile de sa relation avec le photographe Robert Mappelthorpe et à Amy Winehouse (à l'instabilité talentueuse de ses débuts ou dans celle plus sombre et démesurée de sa fin).

Ina et Ayelen habitent à Bruxelles. Elles sont mariées et elles sont mères de deux enfants.
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Vidéo

Dates de tournée

24, 25, 26 Septembre 2015 | Les Brigittines - Bruxelles, BE
17 Octobre 2015 | Biennale Charleroi/Danses, les Ecuries - Charleroi, BE
07-08 Octobre 2016 | Centre Culturel Jacques Franck - Bruxelles, BE

Revue de presse

"Overthetop" : deux femmes, l'urgence et la contradiction
De la danse (un peu), de la présence (beaucoup), de la performance (assurément), du rock (fort), des parallèles et des frictions : voilà de quoi Mauro Paccagnella a farci le 5e tome du cycle "Conti Sparsi".
Deux femmes, une Argentine et une Flamande, une danseuse chorégraphe et une actrice chanteuse, Ayelen Parolin et Ina Geerts, partagent avec une caméra un espace dont on apprend vite qu'elles y sont "en résidence". Clin d'oeil à la création doublé de croustillants détails : le lieu est isolé, enneigé, des ours rôdent, un hélicoptère les ravitaille une fois par semaine.

Déglingue glamour, rock'n roll attitude
Sur le plateau et devant l'objectif, elles se glissent dans des postures de divas : déglingue glamour, rock'n roll attitude. Fût-ce par Skype avec sa mère : "On a besoin de contradictions !" lance Ina."Dormir un jour sous un arbre et le lendemain dans un cinq étoiles. Et de romantisme ! Or quoi de plus romantique que de faire cuire un cochon à la broche, sur un feu, dans la neige..."
C'est moins un dialogue qu'une juxtaposition de propos que déploie ici Mauro Paccagnella, par la voix et le corps de ces "personnages" qui n'hésitent jamais à forcer les poses pour mieux les dépasser, les bousculer, révéler leurs fissures. D'invectives en confidences, empruntés à divers textes et grandes figures de la performance ou du rock (de Marina Abramovic à Amy Winehouse ou Nick Cave), les mots jaillissent, entrent en collision, roulent comme les R accentués d'Ayelen, soulèvent échos, fumée, poussière, fantômes.
"Mes idées sont comme des invités pas invités. Elles arrivent en pleine nuit comme des cambrioleurs et font un tapage incroyable", susurre la brune. "Je ne veux plus perdre de temps à plaire à ceux qui ne m'aiment pas", éructe la blonde. L'artifice et la vie se percutent dans "Overthetop", en temps réel. Ça grince, ça résonne, ça fusionne dans un cabaret foutraque et facétieux où se tapit une étrange gravité.
– La Libre Belgique - Marie Baudet - 25/09/2015
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